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Vendre ses maillots de bain et sa lingerie d'occasion : ce qui est accepté et ce qui part

·8 min de lecture

Fin août, le rituel est le même partout. On vide le sac de plage, on lave les serviettes, et on range les maillots dans un tiroir en se disant qu'on verra l'an prochain. L'an prochain, on ne les remet pas. Deux ou trois étés plus tard, le tiroir contient six maillots dont un seul est encore porté.

La lingerie suit le même chemin, avec une différence : on hésite encore plus à la revendre. Il y a une gêne, l'impression que ça ne se fait pas, et la peur de se tromper sur ce que les plateformes autorisent.

C'est dommage, parce que c'est une des catégories où l'écart entre le prix neuf et le prix d'occasion est le plus intéressant. Un maillot de bain de marque coûte 80 à 140 euros neuf et se revend correctement. Voici ce qui est accepté, ce qui part vraiment, et comment présenter ces pièces sans que ça devienne inconfortable.

La seule règle qui bloque vraiment : neuf ou pas neuf

C'est le point qui fait renoncer la plupart des gens, alors autant le poser tout de suite.

Sur les grandes plateformes françaises, la distinction ne se fait pas entre lingerie et maillot de bain. Elle se fait entre les pièces qui touchent directement l'entrejambe et les autres.

Les culottes, slips, strings et shortys sont vendables uniquement neufs avec leur étiquette. Pas d'exception, pas de nuance sur l'état. Une culotte lavée une fois n'est pas revendable, même impeccable.

Les soutiens-gorge, brassières, bodies, nuisettes, caracos et pyjamas se vendent d'occasion, à condition que l'état soit irréprochable.

Les maillots de bain, une et deux pièces, se vendent d'occasion. Le bas de maillot fait partie des pièces revendables, contrairement à la culotte de lingerie, parce qu'il est doublé et conçu pour être porté sur un autre support.

Deux précautions valent la peine avant de mettre en vente. D'abord, chaque plateforme publie ses propres règles de catalogue et elles évoluent : un aller-retour de deux minutes dans leur centre d'aide t'évite une annonce supprimée. Ensuite, si tu as un doute sur une pièce, la question à te poser est simple : est-ce que je l'achèterais moi-même dans cet état ? Si la réponse hésite, la pièce part au recyclage textile, pas en vente.

Ce qui part, et ce qui reste en ligne des mois

Toutes les pièces ne se valent pas dans cette catégorie, et l'écart est bien plus large que sur un pull ou un jean.

Ce qui part vite :

Les maillots une pièce de marque, surtout les modèles sobres et les noirs. Ils traversent les modes et intéressent une clientèle large, du sport à la plage.

Les hauts de maillot vendus seuls dans les grandes tailles de bonnet. C'est le point le plus mal desservi du marché neuf : beaucoup de femmes cherchent un D, E ou F et ne trouvent pas leur bonheur en boutique. Un haut seul bien décrit part souvent en quelques jours.

Les soutiens-gorge de maintien technique, les modèles de sport et les marques spécialisées dans le grand bonnet. Même logique : l'offre neuve est chère et limitée.

Les nuisettes, kimonos et pyjamas en soie ou en satin. Ce sont des pièces qu'on offre, qu'on porte peu, et qui se revendent presque comme des vêtements classiques.

Les paréos, tuniques et robes de plage, qui appartiennent techniquement à cette catégorie et n'ont aucune des réticences associées.

Ce qui reste :

Les maillots deux pièces très marqués par une saison, avec un imprimé daté. Ils vieillissent mal et la concurrence est énorme.

Les ensembles de lingerie fantaisie premier prix. Le prix neuf est trop bas pour laisser une marge intéressante à la revente.

Les soutiens-gorge en tailles très courantes dans les gammes basiques. Il y en a des milliers en ligne, ils partent seulement quand ils sont donnés.

Tout ce qui est bouloché, détendu, avec un élastique fatigué ou une armature qui a bougé. Sur cette catégorie plus que sur toute autre, l'acheteuse regarde l'état avant le prix.

Les prix qu'on constate

Les fourchettes utiles, pour des pièces en très bon état :

Un maillot une pièce de marque milieu de gamme, acheté 90 à 130 euros neuf, se propose entre 25 et 45 euros. Les marques de maillots spécialisées tiennent le haut de cette fourchette.

Un deux-pièces complet de marque se situe entre 20 et 35 euros. Vendu séparément, le haut part souvent mieux que le bas, ce qui n'est pas intuitif mais s'explique par le problème de bonnet évoqué plus haut.

Un soutien-gorge de marque en très bon état se situe entre 10 et 25 euros. Un modèle grand bonnet d'une marque spécialisée peut monter à 35 euros.

Une nuisette ou un pyjama en soie se situe entre 25 et 60 euros selon la marque.

Une pièce neuve avec étiquette, quelle qu'elle soit, se propose autour de la moitié du prix boutique et part beaucoup plus vite que la même pièce d'occasion.

Si tu veux une méthode générale pour situer tes pièces plutôt que ces ordres de grandeur, notre guide sur comment estimer le prix d'un vêtement d'occasion s'applique tel quel à cette catégorie.

Photographier ces pièces sans que ça devienne bizarre

C'est la vraie raison pour laquelle ces vêtements restent au fond du tiroir. Personne n'a envie de se prendre en photo en maillot pour vendre 30 euros.

Bonne nouvelle : ce n'est pas ce qui vend le mieux, et de loin.

La photo qui fonctionne dans cette catégorie, c'est la pièce à plat sur un fond uni clair, bien étalée, sans pli. Un drap blanc sur un lit suffit. Prends la pièce de face, de dos, puis l'étiquette de taille et l'étiquette de composition en gros plan.

Ajoute une photo de l'intérieur pour un maillot : l'acheteuse veut voir la doublure et l'état de l'élastique. C'est ce qui déclenche la décision, bien plus qu'une photo portée.

Un cintre fin fonctionne aussi pour les nuisettes et les bodies, qui tombent mieux suspendus qu'à plat.

Si tu tiens à une photo portée, un mannequin de couture ou une pièce enfilée par-dessus un tee-shirt et un legging donne le tombé sans rien montrer. Beaucoup de vendeuses font exactement ça.

Le reste des règles de prise de vue ne change pas : lumière du jour, pas de flash, fond neutre. Nos conseils pour préparer ses vêtements avant la vente valent aussi ici, avec un lavage systématique en plus.

Deux mots à écrire noir sur blanc dans l'annonce

Dans cette catégorie, l'annonce doit lever deux inquiétudes que l'acheteuse n'osera pas formuler.

L'hygiène. Écris simplement que la pièce a été lavée et qu'elle sera expédiée propre, dans un emballage fermé. Une phrase. Ça paraît évident à écrire, ça ne l'est pas pour celle qui achète, et son absence fait perdre des ventes.

L'état réel. Le mot à bannir est « comme neuf » quand ce n'est pas vrai. Sur un maillot, dis combien d'étés il a servi. Sur un soutien-gorge, dis si l'élastique a encore du maintien. Une acheteuse qui reçoit exactement ce qui était décrit ne laisse pas de mauvais commentaire, même sur une pièce très portée. Celle qui découvre un élastique mou après avoir lu « excellent état » en laissera un.

Ajoute les mesures à plat : tour de poitrine, longueur, et pour un maillot la hauteur de l'entrejambe. Les tailles de maillots sont notoirement incohérentes d'une marque à l'autre, et une mesure précise fait gagner des jours de questions.

Le moment où tu mets en vente change tout

Cette catégorie est la plus saisonnière de toutes celles qu'on traite.

Pour les maillots de bain, la fenêtre de vente en France va de la mi-avril à la mi-juillet, avec un pic net en mai et juin. Un maillot proposé en septembre reste en ligne jusqu'au printemps suivant, ou part très négocié.

Il y a une exception qui vaut le coup d'être connue : la fin décembre et le mois de janvier, quand une partie des acheteuses part au soleil. Le volume est plus faible que le pic de mai, mais la concurrence l'est encore plus.

Pour la lingerie et l'homewear, la saisonnalité est plus douce, avec deux pics : novembre et décembre pour les cadeaux, puis janvier pour les soldes.

Concrètement, si tu lis ceci en août, la bonne stratégie est de trier et de photographier maintenant, pendant que les pièces sont sorties et propres, et de programmer la mise en ligne au printemps. Le tri fait en août et oublié jusqu'en mai, c'est le meilleur usage de cette catégorie. Notre article sur le meilleur moment pour vendre selon la saison détaille le calendrier complet des autres catégories.

Quand ça ne vaut plus le coup de gérer toi-même

Une pièce de lingerie ou un maillot demande autant de travail qu'un manteau à 200 euros : photos, mesures, questions, expédition. Sauf que le prix de vente est trois à cinq fois plus bas.

Sur cinq ou six pièces, ça reste une bonne opération. Sur vingt-cinq maillots accumulés en dix ans plus le tiroir de lingerie de toute la famille, l'arithmétique se retourne : tu passes une dizaine d'heures pour peut-être 250 euros.

À ce niveau de volume, deux chemins ont du sens. Soit tu regroupes en lots cohérents, par taille et par type, ce qui divise le travail par trois pour un manque à gagner limité. Notre guide sur la vente de vêtements en lot explique comment les composer pour qu'ils partent.

Soit tu confies l'ensemble à quelqu'un dont c'est le métier et tu touches une commission sur les ventes, sans photographier ni expédier quoi que ce soit.

Et si la revente commence à t'intéresser au-delà de ton propre tiroir, la formation seconde main de DressKool couvre le passage du vide-dressing occasionnel à une activité organisée, avec le sourcing et les catégories qui tournent le mieux.

Ce qu'il faut retenir

La règle qui bloque est unique et simple : culottes, slips et strings neufs avec étiquette uniquement, tout le reste se vend d'occasion si l'état suit.

Les pièces qui partent le mieux ne sont pas celles qu'on imagine. Le maillot une pièce sobre, le haut de maillot grand bonnet vendu seul et le soutien-gorge technique battent largement le deux-pièces à imprimé.

La photo à plat sur fond clair vend mieux que la photo portée, ce qui règle la principale gêne de la catégorie.

Et la saison compte plus qu'ailleurs : un maillot mis en ligne en mai vaut le double du même maillot mis en ligne en septembre.

Tu peux comparer les solutions de revente selon ta ville et le volume que tu as à écouler.

Questions fréquentes

Peut-on vendre des sous-vêtements d'occasion en France ?

Cela dépend de la pièce. Les culottes, slips, strings et shortys ne sont vendables que neufs avec leur étiquette d'origine sur les grandes plateformes françaises. Les soutiens-gorge, bodies, nuisettes, caracos et pyjamas se vendent d'occasion si l'état est irréprochable. Les maillots de bain, haut comme bas, se vendent d'occasion. Les règles de catalogue évoluent, un passage par le centre d'aide de la plateforme avant publication reste la précaution la plus simple.

Combien se revend un maillot de bain d'occasion ?

Compte 25 à 45 euros pour un une-pièce de marque acheté 90 à 130 euros neuf, et 20 à 35 euros pour un deux-pièces complet. Vendu séparément, le haut part généralement mieux que le bas, surtout dans les grands bonnets où l'offre neuve est limitée. Une pièce neuve avec étiquette se propose autour de la moitié du prix boutique.

Faut-il porter le maillot pour la photo ?

Non, et c'est même contre-productif. La photo qui vend le mieux est la pièce à plat sur un fond uni clair, de face et de dos, avec un gros plan sur les étiquettes de taille et de composition. Pour un maillot, une photo de la doublure et de l'élastique intérieur pèse plus lourd dans la décision d'achat qu'une photo portée. Un mannequin de couture ou la pièce enfilée par-dessus un tee-shirt donne le tombé si tu y tiens.

Quel est le meilleur moment pour vendre un maillot de bain ?

De la mi-avril à la mi-juillet, avec un pic en mai et juin. Une seconde fenêtre plus discrète existe fin décembre et en janvier, quand une partie des acheteuses part au soleil : le volume est plus faible mais la concurrence aussi. Un maillot proposé en septembre reste en ligne tout l'hiver ou part très négocié.

Que faire d'un grand volume de lingerie et de maillots accumulés ?

Au-delà d'une vingtaine de pièces, la vente à l'unité devient peu rentable : autant de travail qu'un manteau pour un prix de vente trois à cinq fois plus bas. Deux options tiennent la route : regrouper en lots cohérents par taille et par type, ou confier l'ensemble à un service de dépôt-vente qui gère photos, annonces et expéditions contre une commission sur les ventes.

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